Construction d’une extension de maison
La maison que l’on aime ou celle que l’on s’apprête à acheter a parfois besoin d’un peu plus d’espace. Réaliser une extension est alors la meilleure solution. Pièce supplémentaire de plain-pied, extension sur plusieurs niveaux ou surélévation de toiture… Les configurations possibles sont presque infinies. Pourtant, construire une extension est un exercice très contraignant, par le terrain d’abord puis par les règles d’urbanisme. Deux architectes aux signatures résolument contemporaines rappellent les règles à suivre pour agrandir la maison.
Vous devrez obligatoirement faire appel à un architecte pour votre projet d’extension si la surface totale du projet (après travaux) dépasse 150 m2. Cependant, même si votre projet est en deçà de ces limites, l’apport de l’architecte est très précieux. D’ailleurs, plus l’extension est petite, plus elle doit être optimisée…
Construire une extension revient à jongler avec un ensemble de contraintes, parmi lesquelles : les règles d’urbanisme et le respect des limites de propriété, l’orientation de la parcelle et son environnement, l’emprise au sol disponible, la nature du terrain ou les dénivelés. Les voyants sont rarement tous au vert !
« Les contraintes obligent à tourner et retourner le projet dans tous les sens, jusqu’à trouver les solutions qui intégreront tous les critères », confirme Nicolas Masurel qui voit ces contraintes comme un défi créatif. « Un projet d’extension se construit par échanges successifs avec le client, rien n’est figé au départ, il faut rester ouvert. Par exemple, la redécouverte d’un beau mur en pierres sur une maison ancienne peut inciter, en réponse, à utiliser un mariage bois/zinc sur l’extension. »
Le contemporain d’aujourd’hui, c’est le traditionnel de demain, aime à rappeler Gilles Bertrand. Chaque période a son propre langage architectural et on peut être bien dans son temps tout en respectant un bâti ancien ou un caractère régional. Les matériaux ont un rôle à jouer dans ce dialogue. Le zinc est à la fois traditionnel et adapté aux lignes contemporaines. »
N’hésitez donc pas à miser sur les codes d’aujourd’hui, comme les toitures plates ou les lignes pures mais attention, contemporain ne veut pas forcément dire cubique !
La RT des batiments envisage le cas des extensions (« partie nouvelle d’un bâtiment existant »).
Pour les extensions de petite taille (moins de 150 m2 et moins de 30% de surface SHONRT créée) une réglementation thermique « allégée » s’applique, beaucoup moins contraignante que pour les bâtiments neufs et exempte d’étude thermique.
Rappelons que la SHONRT est la somme des surfaces de planchersde chaque niveau, après déduction des surfaces non chauffées (comme le garage, un sous-sol ou des combles non aménagés, une véranda non chauffée).
Pour les extensions de grande taille (≥150 m2 ou ≥30% de SHONRT créée), il faudra se conformer aux exigences de la RT 2012, c’est-à-dire atteindre un niveau de performance fixé par les textes, en matière d’isolation et de production énergétique.
Certes, c’est une sacrée contrainte, notamment parce qu’il faudra passer par une phase d’étude thermique. Mais vous gagnerez une maison ultra-performante, très peu consommatrice d’énergie et peu émettrice de gaz à effet de serre (GES).
Le plan local d’urbanisme (PLU) de votre commune définit des règles à suivre. Il peut limiter l’emprise au sol, la hauteur de l’extension, son volume, l’implantation par rapport aux limites séparatives voire interdire certains coloris.
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